La déseritude… (Série 1 de 2)


Ipala, village non loin de Bokin, le 18 mars 2011

Les enfants aident à la cuisine

La déseritude commence bien avant l’aube. C’est le bruit des casseroles qui s’agitent à 5h30 du matin. C’est la silhouette d’une enfant qu’on aperçoit du coin de l’oeil penchée au-dessus de la bassine, brosse à la main. La pénombre est vacillante. Elle n’a pas plus de 11 ans.

La déseritude, ce sont ces enfants qu’on ne verra pas manger et qui attèlent l’âne pour partir aux champs. C’est une mère qui dort peu et travaille inlassablement à toute heure du jour et du soir.

Paysage désolé, asséché par le vent et le soleil

Terre désséchée aux abords d'Ipala.

La déseritude, c’est cette atmosphère lourde comme le plomb. C’est un soleil ardent suspendu au coin de votre oeil. Il n’est pas midi et la chaleur pèse à vous faire perdre le souffle. Comment se noyer dans un désert de marbre?

On puise l'eau dans les mares d'une carrière

La déseritude, c’est la marque d’une eau éphémère sur le paysage brûlé. C’est le souvenir d’un temps qui semble si loin encore. C’est la saison sèche, la saison où l’eau s’évapore aussitôt en contact avec l’air.

La déseritude, c’est la toux des gens qui martèlent le sol desséché le transformant en poussière. C’est la maigreur d’une récolte, fruit d’un labeur insensé.

Au coucher du soleil, un homme et deux enfants travaillent au champs

La déseritude, ce sont ces quelques grains tombés d’un sac sur la route et qu’on ramasse méticuleusement. C’est l’autobus qui passe en trombe et les passagers qui ne remarquent pas.

La déseritude, c’est 9 millions de gens honnêtes, mais analphabètes.

La déseritude, c’est la main de l’enfant qui se soulève subitement pour protéger son visage quand le père hausse le ton.

La déseritude, ce sont les mains immenses et craquelées de l’orpailleur de fortune. Ce sont les 100$ l’once qu’on lui donnera pour son or. La déseritude, ce sont des frontières fermées et un interdit d’exporter la misère.

La déseritude, c’est mon coeur devant ce spectacle, impuissant. C’est la larme que je sens se former au coin de mon oeil, mais qui ne coulera pas. Le soleil est trop fort, la tâche est trop grande pour s’effondrer. Abandonner, ici, c’est la mort.

Et maintenant il y a l’Oasis… allez voir.

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Un commentaire pour La déseritude… (Série 1 de 2)

  1. Sylvie Lefraçois dit :

    Quel plaisir et douceur pour l’âme de te lire mon beau Bernard… Que chaque personne, chaque paysage et tout le reste…. que tu rencontreras sur la route de ta merveilleuse mission, te permettent de continuer ton ascension vers la découverte du Vrai et de l’Essentiel de la Vie… Je suis tellemen fier de toi..Tante Sylvie xoxo

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